Face à la terreur, l’urgence d’une décision radicale

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Par Wandy CHARLES

Le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’abîme d’une crise sécuritaire sans précédent. Les gangs, en véritable hydre insaisissable, avancent méthodiquement, dévorant quartiers après quartiers, semant la terreur, la désolation et la mort. Face à cette offensive criminelle, l’État vacille, les forces de l’ordre tâtonnent, et la population, livrée à elle-même, fuit sans destination, errant entre l’horreur et le désespoir. Jusqu’à quand allons-nous assister, impuissants, à ce naufrage collectif ?

Les images d’hommes, de femmes et d’enfants fuyant sous les rafales de mitraillettes ne choquent plus, elles révoltent. Les scènes de pillages, de massacres sont devenues notre quotidien, un enfer auquel personne ne peut s’habituer. La capitale suffoque, l’Artibonite et Leogane gémissent, et d’autres régions, hier encore épargnées, sont aujourd’hui gangrenées. Pendant ce temps, l’État, réduit à une coquille vide, multiplie les discours mais tarde à poser des actes concrets.

Faut-il attendre que la catastrophe atteigne son paroxysme avant d’agir ? Faut-il assister, résignés, à la disparition progressive de ce qui reste de Port-au-Prince, la capitale ? Il y a un moment où l’indignation ne suffit plus, où l’analyse froide des faits doit laisser place à une réponse ferme, radicale et immédiate. Ce moment est venu.

À mon humble avis, l’urgence commande de prendre une décision inédite, une mesure extrême, impopulaire mais nécessaire : fermer le pays, du moins trois départements. Établir un cordon sécuritaire hermétique autour des zones les plus critiques, couper l’accès aux fiefs des gangs, priver ces criminels de toute possibilité d’extension territoriale. Une telle mesure aurait pour effet de concentrer l’effort des forces de l’ordre sur des fronts précis, de reprendre méthodiquement le contrôle, et d’assécher les sources de ravitaillement des groupes armés.

Certains crieront à l’impossible, à l’inapplicable. Mais l’alternative, la seule qui se profile si nous restons dans l’inaction, c’est le chaos absolu, un carnage d’une ampleur que nous ne pouvons même pas encore imaginer. Chaque jour qui passe sans réponse stratégique nous rapproche du point de non-retour.

Les États souverains ont l’obligation de protéger leur population. Quand les méthodes conventionnelles échouent, il faut oser l’inédit. Il faut trancher dans le vif, sans trembler. Nous avons déjà trop tergiversé. Si nous n’agissons pas maintenant, demain, il ne restera plus rien à sauver.

Vant Bef Info (VBI)

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